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/ Historique de la marque

L'EPOPEE FANTASTIQUE 
 
        Ni fanatic, ni fantastique, ni frantic. Aucun de ces trois adjectifs anglais n'est réellement à l'origine du nom Fantic, firme mythique de l'enduro des années 70. C'est un brain-storming, d'inspiration très marketing, entre les deux fondateurs de la marque,
Mario Agrati et Henry Keppel, qui les a conduits à choisir cette appellation à consonance davantage Anglo-saxonne qu'Italienne. Et ce n'est pas un hasard.

        Si Agrati est le cadet d'une famille d'industriels transalpins propriétaires de la marque de motos Garelli, Keppel, Italo-Hollandais de son état, est l'ancien directeur du département export de cette même marque, un businessman rompu aux techniques marketing pour conquérir les marchés étrangers. Car le désir des deux hommes n'est pas encore de produire ces fameux 50, 80 et 125 RC qui vont marquer une génération d'enduristes entre 1975 et 1981.

        
Leur ambition première - et celle de Garelli, la maison mère est d'inonder les USA et l'Europe avec des engins récréatifs. Fantic leur apparaît donc comme un nom sympathique et tout à fait exportable.

        Guidés par une passion commune pour la moto et le commerce, nos duettistes vont faire preuve d'une imagination proportionnelle à leur volonté de réussite. Nous sommes en
1968. Toute une gamme originale, comprenant essentiellement des mini-motos et des trois roues, va être déclinée autour des moteurs de tondeuse à gazon Aspera et du bloc Minarelli 50 cm3. Avec ses produits rigolos, Fantic cible une clientèle plutôt loisirs et, à ses débuts, développe un chiffre d'affaire hors de ses frontières presque cent fois supérieur à celui sur son propre marché !

Si la marque au cheval sauvage, le logo de la firme Lombarde, marche bien aux USA, le secteur du deux-roues est, lui, en plein boum en Italie. Or, Fantic se doit de veiller aux attentes de la clientèle transalpine. Une sorte de 50 scrambler, genre encore un peu en vogue, est donc développé par un jeune technicien fraîchement embauché par la direction, Giulio Maffessoli.

        Présentée au salon de Milan 1969, la moto est jolie avec son réservoir jaune, son cadre gris métal, son moteur Minarelli 4 vitesses, ses gardes boue relevés, son pot cross et son guidon haut. Plus trail que vraie enduro, ce produit présente déjà de bonnes aptitudes pour l'off-road. Il est baptisé
Caballero, nom inspiré par une marque de cigarettes hollandaise. Vendu à prix attractif, ce 50 va permettre à toute une génération de teenagers italiens de s'évader dans les chemins préalpins du nord de la péninsule.

        L'enduro devenant de plus en plus populaire en Italie, Fantic cartonne avec son Caballero. Celui-ci subit diverses évolutions et - fatalement dans un pays où on a la course dans le sang - une version racing légèrement boostée est proposée au public. Ce n'est pas encore une vraie machine de compétition. Pourtant, dans l'esprit de Keppel et d'Agrati, chemine déjà l'idée de ne pas produire uniquement que des engins de loisirs mais aussi des motos pouvant affronter les conditions de course les plus difficiles, l'enduro en l'occurrence. Et pas uniquement des 50...

        Dès
1974, à Barzago, siège historique de l'usine, sort le tout premier modèle baptisé RC, pour Regolarita Competizione. C'est un 125 cm3 propulsé non pas par l'omniprésent moteur Sachs, qui équipe alors la grosse majorité des 125 enduros, mais par le bloc Minarelli revu et corrigé par les motoristes maison afin de l'adapter aux contraintes de la discipline. Si la moto n'est pas encore aussi affûtée techniquement qu'une KTM ou une Monark, elle se révèle facile à emmener dans les chemins et assez efficace pour s'amuser.

        L'année suivante, Fantic la décline en version 50. Même recette pour la jeunette : moteur Minarelli sauce Fantic, châssis sérieux, bonne gueule et prix serré. Plus compétitif face à ses concurrents que ne l'est sa grande sour, le 50 RC va se vendre abondamment et assurer positivement la renommée de la marque. Afin d'asseoir la nouvelle image sportive de Fantic, l'engagement en course est inévitable. Championnat d'Italie, championnat d'Europe et Six Jours figurent donc au programme du
Fantic Motor Racing Team en ce début de saison 1976.

       
 L'usine se bat sur tous les fronts avec quatre pilotes (Signorelli, et Guanzziroli en 125, Noseda et Brivio en 50) et deux nouveaux Caballero désormais très évolués au niveau moteur (boite six sur la 125), suspensions (débattements rallongés, amortisseurs à gaz), cadre (nouveau dessin) et habillage (tout polyester et plastique). De vraies meules d'enduro, bien fichues et performantes. Des places d'honneur viendront récompenser les efforts de la firme, Giuseppe Signorelli terminant notamment 3ème du championnat d'Italie en 125.

        De quoi vouloir persévérer en
1977 avec une équipe rajeunie (les cousins Angelo et Giuseppe Signorelli, plus Zenoni et Gian Paolo Marinoni), mais avec des machines quasi identiques. Seul le 50 évolue doucement en adoptant un réservoir en plastique et des amortisseurs à gaz. C'est qu'à l'usine, les chercheurs sont affairés sur un autre chantier... le dottore Agrati désire toujours élargir son activité pour accroître la production. Sa dernière trouvaille : le trial. Un marché qu'il sent bien à un moment ou l'industrie espagnole, spécialisée dans la zone, bat fortement de l'aile. L'avenir prouvera qu'il a eu le nez creux. Une jolie 125 trial est produite et les techniciens peuvent se consacrer de nouveau au développement des modèles enduro.

        En
1978 déboule la troisième génération du 125 RC. Une nouvelle moto en vérité. La partie cycle est sérieusement rafraîchie : fourche Marzocchi à axe déporté, grands débattements, cadre redessiné et renforcé. Le look est modernisé, les garde-boue signés Preston, et Fantic ose même une selle rouge... Quant au bouilleur, il voit sa puissance passer à 26cv à 10.500 tr/mn par la présence d'un cylindre chromé dur, d'un nouveau piston et d'un carbu de 32 mm. Si l'on se réfère au bloc Minarelli standard mesurée à 14cv à 6800 tr/mn, ce ne sont pas moins de douze canassons qui ont été gagnés par les motoristes en quatre ans. Ce qui ne manque pas de poser des problèmes de fiabilité...

        Pas de changement sur le 50 RC, mais une reconnaissance exceptionnelle pour le proto d'usine qui préfigure la série
1979 : une superbe victoire aux Six jours en Suède (dans le sable !) avec Angélo Signorelli. Si l'on ajoute le score des deux pilotes officiels en 125 Giuseppe Signorelli et Gian Paolo Marinoni, respectivement 2ème et 3ème, on a de quoi se frotter les mains à Barzago. Fantic fait désormais partie des grandes écuries européennes, l'histoire s'accélère.

En France, Fantic est importée depuis 1970 par une société marseillaise, la DIP, qui commence à vendre les 50 Caballero comme des petits pains. La gamme est pléthorique et l'on voit se multiplier les RC 50 (surtout) et 125 (un peu) dans les parcs coureurs. Pas de vraie présence officielle dans le championnat national, mais une bonne majorité du plateau en 50, voilà qui est prometteur ! En 1979, l'importateur engage celui qui deviendra le pilote emblématique de la marque dans l'hexagone : Yann Cadoret, ex-officiel Sachs et star naissante de l'enduro tricolore. Promu pilote semi-usine aux côtés des cousins Signorelli, Gagni, Marinoni, Bettoni ou Noseda, le breton s'adjuge le titre 125 Inter et signe d'encourageantes places d'honneur en championnat d'Europe.

        Côté matos, si la 125 évolue sur des points de détail (plaque numéros reculées, selle affinée, cadre rouge et leviers Magura à réglage rapide), le 50 fait sa révolution. Moteur boosté et gavé par un carbu Mikuni de 26mm de diamètre, fourche Fantic de 32 mm, grand débattement à l'arrière, bras oscillant " banane ", plaques numéros reculées, c'est un véritable Signorelli replica dont disposent les ados.

        Pour faire gagner dans toutes les spéciales d'Europe celui qui restera surnommé "Mik 26", Fantic débauche Pietro Gagni de chez SWM. C'est cet italien toxique à la taille de jockey qui va ramener la première couronne européenne à Barzago au terme d'une saison sans grand souci. Giuseppe Signorelli aurait pu en faire de même en 1975, sur un 50 disposant d'un kit Polini, mais un problème moteur lui fait perdre tout espoir de titre.

        Pas de score aussi honorable aux six Jours en Allemagne (casse en série), mais des résultats brillants commercialement pour Fantic.
Son chiffre d'affaires, généré à 70% par le tout-terrain, s'accroît de 30% par an, et la marque est désormais troisième sur le marché italien derrière Piaggio et Garelli ! Si l'entreprise vise la prospérité, un vent de récession commence à souffler sur l'enduro. La baisse de popularité de la discipline auprès des jeunes incite Fantic à mettre l'accent sur le trial, secteur en devenir sur lequel la marque n'a guère que des concurrents moribonds.

        Pourtant l'usine veut toujours croire en ses désormais fameux Caballero dont les ventes se portent bien. Les 50 et 125 RC millésime 1980, auxquels viendra s'adjoindre un 75, sont conformes aux précédents à quelques détails près : amortisseurs Sachs Hydrocross, garde-boue arrière différent, entre autres. En fait, Fantic reste fidèle à sa politique bisannuelle en terme de nouveautés, ce qui garantit logiquement des modèles inédits pour 1981. Ce sera le cas.

        Réglementation oblige, le 50 RC disparaît en même temps que la catégorie au profit d'un
80 RC. Le 125 reprend, lui, la base du très chouette modèle cross présenté en 1980. Deux superbes machines qui conservent leur architecture moteur, mais héritent de nouvelles parties-cycle sur lesquelles tout à changé : de la géométrie aux (grandes) suspensions, en passant par le look on ne peut plus ravageur.

        Sur le plan sportif, l'année
1980 s'avère moins brillante après le feu d'artifice de 1979. Si Cadoret remet le couvert en France en 125 Inter, franco Gualdi, la première grosse pointure que le team n'ait jamais engagée, déçoit le staff. Le gaillard a été champion d'Europe 175 sur Sachs en 1978 et 250 sur SWM en 1979, mais il s'est fait proprement décalquer par Brissoni en 125. Idem pour Gagni (50), Angelo Signorelli (75) et Bettoni (100), tous vice-champions !

        Battre Gualtiero Brissoni en 125 est quasi impossible : le numéro un de l'enduro italien vient d'être couronné deux saisons de suite dans la catégorie. " Si nous ne pouvons pas le battre, engageons-le! " assènent Agrati et Keppel. C'est ainsi que celui que l'on croyait lié à vie à SWM enfile le maillot à damier rouge et bleu. A grands renforts de lires, évidemment. Le retour sur investissement sera payant.

        Brissou décroche facilement le titre européen 125 et rate le scratch aux Six Jours sur l'île d'Elbe... pour quatre petites secondes. En outre, Angelo Signorelli atomise tout le monde en catégorie 80. Et tout cela sur des motos presque de série. Deux titres de champions d'Europe (et d'Italie) dans les deux seules catégories où les pilotes sont engagés, Fantic est au sommet.

        Pourtant, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes en cette fin
1981. L'enduro est en chute libre en Italie. Les ventes s'effritent, le marché se restreint et Agrati a peur qu'il ne puisse plus absorber la production de l'usine. En outre, le bloc Minarelli 125, vieux de dix ans, est à bout de souffle. Il devient urgent d'élaborer un moteur liquide, comme le font désormais les Japonais et une partie de la concurrence européenne.

        Fantic en a les capacités puisqu'elle vient de sortir de ses très modernes installations sa première mécanique maison, celle qui équipe la toute nouvelle
240 Trial Professional. Mais ce n'est plus la volonté de la direction qui gèle tout développement sur l'enduro pour concentrer budget et recherche sur le trial. Brissoni et Signorelli sont brutalement remerciés et, même si des modèles 1982 - avec un 80 dont le moteur est désormais conçu sur la base du 125 - débarquent dans les concessions, la foi n'est plus là.

        A présent,
l'usine mise gros sur le trial et seule une gamme trail est développée en parallèle. Elle ne connaîtra aucun succès et contraindra Agrati et Keppel, de moins en moins visionnaires, à se replier sur cyclos et trials. Détenteur en 1984 de 70% du marché mondial du trial, Fantic ne se trouve pas pour autant dans une situation confortable. En effet, le secteur voit d'autres marques débouler (Aprilia, Béta puis GasGas) puis se rétracte, lui aussi. Les premières difficultés financières arrivent, avec une perte de confiance et d'ambition.

        Dans un ultime sursaut, Fantic relance, au milieu des années 1990, le concept Caballero sous la forme de trails sportifs, les 50 et 125 XM. La firme présente même, fin 1996, un proto 125 enduro très moderne qui hérite d'un cadre alu l'année suivante ! On croit à une possible résurrection, mais la qualité des trails XM est douteuse et l'argent manque pour mettre la 125 enduro en production.

        La marque n'a plus la solidité financière de sa grande époque, ni la confiance des sous-traitants. Ce sera son dernier soubresaut. Les clos sont démodés, des problèmes de fiabilité ont érodé la réputation des modèles trial, Fantic est aux abois. L'image de la firme est au plus bas, le rideau est tiré définitivement en 1998. Les fabuleux RC n'auront plus jamais de successeurs.....

Texte publié avec l'aimable autorisation du Rédacteur en chef d'Enduro Magazine, Photos constructeur et archives.

        Mais
l'histoire recommence ses retournements de situation en 2003, la marque Fantic Motor ainsi que d'autres ont été rachetées  par Mr Fédérico Fregnan, industriel Italien, passioné d'Enduro, amoureux des Fantic depuis toujours. Son rêve à prit réalité en plusieures étapes, depuis la mise en vente de la marque, jusqu'a son installation dans sa nouvelle usine. Vous trouverez tous les détails sur son site web                                     http://www.fanticmotor.it .

        Pour le Fantic Motor Club de France, ses adhérents et tous les passionnés de Fantic Motor, c'est un grand espoir qui revient vers nous, une des rares marques Italienne qui renaît, signe que nos enfants, après nous, pourrons connaître la joie de piloter ces merveilleuses machines; souvenez vous de vos 50 Trial ou Caballero......

                               
  Eric Pérard, Fantic Motor Club de France.

                                 Merci à Mr Fédérico Fregnan pour son soutien et sa confiance en notre association.
 
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